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Night Work : Cigarette & Coffee & Murder ▬ Privé

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MessageSujet: Night Work : Cigarette & Coffee & Murder ▬ Privé Dim 24 Oct - 13:14



You’re so hypnotizing, could you be the devil,
could you be an angel. Your touch magnetizing, feels like going
floating, leave my body glowing. Kiss me, kiss me,
infect me with your love , and fill me with your poison.
Take me, take me, wanna be your victim, ready for abduction.

La nuit était tombée depuis bien longtemps sur la ville lorsque Jesonn franchit, une nouvelle fois, les portes automatiques de l'ascenseur qui venait de stopper sa course à l’étage de la section crime sexuel du bureau fédéral d’investigation. Cet étage avait été réservé pour le QG de l'unité spéciale chargée de trouver, d'appréhender et d'interroger les criminels sexuels. Jesonn était vêtue de son éternel jean usé jusqu’à la corde, de ses célèbres convers noir et de sa vieille veste de cuir camouflant un tee shirt noir. Il tenait a la main une tasse cartonnée fumante, portant le logo d'une entreprise vendant du café à bas prix à toute heure de la journée. Il poussa la porte vitrée menant à son bureau et alluma la lampe posée sur ce dernier. La chiche lumière qui en émana chassa les ténèbres qui recouvraient la pièce. Il ôta sa veste de cuir et la posa sur le dossier de son siège, avant de s'asseoir sur le fauteuil pivotant installé derrière le bureau. Il posa le café et commença à sortir un dossier d'un des tiroirs du bureau. Il l'ouvrit et se plongea dans la lecture du compte rendu d’autopsie de la victime retrouvée ce matin dans les bois aux abords de la ville. Récupérant un carnet dans la poche de sa veste Jesonn se mit à griffonner au fur et a mesure qu’il lisait. La présence de Jesonn à son bureau à une heure aussi avancée de la nuit n'avait qu'une seule raison, il était obsédé par les affaires qu’on leur confiait, incapable de penser à autre chose lorsqu’il enquêtait et sachant par avance qu’il ne dormirait plus tant qu’il n’aurait pas mit la main sur une piste, il avait décidé de retourner au bureau après avoir prit un sommaire repas et une douche, qui elle s’avérait nécessaire après deux jours passés au bureau. Il avait donc quitté son appartement au milieu de la nuit à pied, seul et au beau milieu de la nuit, était passé prendre une tasse de café à emporter avant de revenir sur son lieu de travail. Il resta un long moment plongé dans l'épais dossier, tournant les pages de son carnet à mesure qu’il les remplissait de sa fine écriture en patte de mouche. De temps en temps il se levait pour inscrire quelque chose sur le panneau blanc qui leur servait à résumer l’enquête, effaçant des conclusions écrites par sa coéquipière, corrigeant des suppositions par des faits. Deux heures plus tard un soupire lui échappa et il papillonna des yeux, passant une main sur sa nuque pour chasser le sommeil qui le gagnait peu à peu.

Il but une gorgée du café posé à côté de lui, mais il était froid depuis longtemps. Râlant il pressa une petite bosse sur le coté de la tasse cartonner et aussitôt une réaction chimique réchauffa le liquide ambré, brûlant ses doigts qui tenaient le gobelet. Lentement il but un peu du précieux liquide et soupira se laissant aller contre le dossier de son moelleux fauteuil de cuir. C'est alors qu’il sentit un regard posé sur lui, intrigué il leva les yeux après avoir posé, par sécurité, sa main sur l'étui de son arme de service. D’où pouvait venir cette habitude qu’avaient les agents du FBI à prendre du café à des heures pas possible. Le liquide ambré vous mettait sur les nerfs, il tenait sa main sur son arme alors qui a part un autre agent aurait pu se trouver ici dans ce bâtiment plus sécurisé que Ford Noks ? Pour sa défense il ne se sentait plus en sécurité dans ce bâtiment depuis deux ans, depuis les attentats. Il était constamment sur la défensive lorsqu’il se trouvait seul dans les locaux. Il ne manquerait pas d’agir cette fois. Jesonn regarda la jeune femme qui se trouvait devant lui et un sourire charmeur, qui pouvait soit plaire soit énerver, cela dépendait des personnes. Dans le cas de Loraline la deuxième solution était la plus envisageable car c’était bien se coéquipière qui se trouvait devant lui. Il relâcha la pression de sa main sur la crosse de son arme et récupéra son café. Il n’était pas tant surpris que cela de la voir là, voila pourquoi il s’était détendu instantanément lorsqu’il l’avait reconnu. Il aurait du se douter qu’elle serait revenu ce soir, simplement pour s’assurer qu’il n’était plus là, pour ne pas l’entendre dire le lendemain qu’il avait une piste, elle n’allait pas lui laisser s’attribuer le succès de l’enquête simplement pour dormir quelques heures. Loraline était un très bon agent, doublé d’une très bonne enquêtrice, ils travaillaient ensemble depuis près de trois ans, ce qui ne les empêchait pas de se bouffer constamment le nez depuis près de six mois. Autrefois les taquineries étaient monnaie courante entre eux, mais depuis peut les taquineries s’étaient transformées en piques acides et en une concurrence qui n’avait plus rien de stimulante. Leurs autres coéquipiers ne comprenaient pas ce qui avait entrainé un tel changement.

« Que me vaut le plaisir de te voir au bureau à cette heure si tardive ? Si tu me dis que tu n’as rien d’autre à faire que potasser ses dossiers, je vais m’inquiéter… Je pensais être le seul irréductible encore présent ici. Mais j'aurais dû me douter que reviendrais pour le simple plaisir de me casser les pieds quand je serrais en rupture de stock de café. Ou sinon je te manquais et tu t'es décidée à venir me voir avec le prétexte bidon du besoin d'une tasse de café ? »

Il regarda le reste de café qui flottait dans le fond du récipient en carton qu’il tenait encore à la main, Jesonn jeta le gobelet et le fond de café dans la poubelle dessous son bureau. Il aurait peut être fallut un jour que l'un des deux agents grandissent un peu. A s’envoyer des vannes comme ils le faisaient chaque jour que Dieu fait, un jour ils allaient passer à coté de quelque chose d’important. Non décidemment l'idée de ces deux là ensembles avaient de quoi glacer le sang, un vrai Volcan qui aurait réduit la ville en cendres. Non en fait, s'ils continuaient comme ça, ils pourraient bien passer à coté de ce qu’ils cherchent depuis plusieurs jours, une piste concernant leur enquête. A passer plus de temps à se charrier qu'à prêter attention à la recherche d'une piste, le violeur/tueur en série pourrait passer devant eux avec une grande pancarte sur laquelle serait inscrite "c'est moi le tueur à l'écharpe blanche que vous cherchez" et la mettre sous le nez des deux agents qu’ils ne verraient rien, trop occupé justement à se bouffer le nez mutuellement. Mais heureusement, les deux agents du FBI étaient des professionnels. Ils savaient quand ils pouvaient être plus décontractés et donc quand ils pouvaient s’envoyer des vannes et quand ils devaient redevenir sérieux. Et beaucoup ne comprenait pas comment Jesonn et Loraline, qui pouvaient deux minutes auparavant déconner comme y’a pas, pouvaient redevenir ensuite plus que sérieux pour mener à bien leur enquête. Il ne l’avait pas quitté des yeux, le dos appuyé contre le dossier de son fauteuil, un sourire nonchalant aux lèvres il se demandait ce que Loraline pouvait bien faire là. Elle avait le visage chiffonné tout comme ses vêtements, elle avait du se lever en pleine nuit et attraper ses vêtements de la veille. Une part de lui s’inquiétait encore pour elle, elle était sa coéquipière après tout. Et même si les choses avaient changés entre eux, si un rideau était tombé entre eux lorsqu’elle l’avait repoussé, il s’inquiétait pour elle. Il s’était sentit soulagé deux ans plus tôt lorsqu’elle était venu lui rendre visite à l’hôpital, intact, sans la moindre égratignure. Il n’aurait pas supporté de la voir blessé. La preuve, il prenait souvent le commandement lors de leurs interpellations musclées, il ne voulait pas la voir allongée sur le sol, une balle dans le gilet ou dans le corps. Amoureux ? Bien sur que non ! Qu’est ce que vous aller imaginer ? Elle était sa coéquipière et même si elle l’agaçait au possible c’était son rôle de prendre soin d’elle sur le terrain. Ca n’avait rien a voir avec un quelconque sentiment amoureux.

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MessageSujet: Re: Night Work : Cigarette & Coffee & Murder ▬ Privé Lun 25 Oct - 13:56


Hope it gives you hell, hope it gives you hell
When you walk my way

Et elle cognait contre le sac de cuir de toute ses forces, usant la peau de ses phalanges, égratignant ses mains. Elle voulait oublier, oublier ce crétin qui lui pourrissait encore la vie, douze ans après. Elle ne désirait qu'une seule chose, sa mort. Elle se voyait lui tirant une balle dans le crâne, et ce même crâne exploser sous ses yeux, peinturlurant les murs de la pièce. Elle s'imaginait le torturer, heureuse de l'envoyer en Enfer comme lui l'avait fait avec elle chaque année. Comme il le faisait dès qu'il lui montrait qu'il était encore en vie. Elle cognait encore plus fort contre le sac, son souffle haletant, ses coup portés contre le punshing ball résonnaient dans l'appartement, créant une musique au rythme de sa colère. Elle avait besoin de l'extérioriser, elle avait besoin de perdre pied pour ne plus y penser. Il fallait qu'elle occupe son esprit, mais il fallait surtout qu'elle crie sa colère, sa frustration de ne pas le savoir derrière des barreaux. Sa peau était humide de transpiration, ses poings la tiraillaient, mais elle n'en avait cure. Elle cherchait un moyen d'occuper son esprit sainement, quoi de mieux que le boulot pour oublier, au moins pour quelques heures ? Elle donna quelques derniers coup de rage sur le sac, soupirant bruyamment. Elle s'en alla sous la douche, qu'elle prit hâtivement. Il fallait qu'elle retourne au bureau, le dossier était là-bas. La nuit était tombé depuis longtemps lorsque Loraline sortit de la salle de bain, elle ne s'en était même pas rendu compte. La jeune femme s'habilla simplement d'un bas de jogging noir et d'un débardeur de la même couleur, il ne devait y avoir personne dans le bâtiment à cette heure si tardive et de toute façon qui se soucierait de la façon dont elle était habillée ? Déchirant la lettre en deux sur son passage, elle prit sa veste en cuir et sortit de l'appartement, non sans l'avoir fermé à clé. Elle prit l'ascenseur, s'excitant sur le bouton du troisième sous-sol, comme si la machine allait descendre plus vite si elle appuyait plus fort. Elle fut heureuse de voir qu'il n'y avait pratiquement personne sur les routes, elle était trop sur les nerfs pour rester calme. Loraline détestait les embouteillage, en particulier ceux du matin qui l'empêchait d'accéder à son café favori avant d'aller au boulot. Mais surtout elle était prête à défoncer tous les pecnos qui empêchaient sa voiture de passer lorsqu'il y avait urgence, elle était de nature impulsive et ses réactions dans ces moments là étaient souvent exagérées. La belle brune roula jusqu'aux bâtiments du FBI, se garant à sa place attitrée. Lorsqu'elle sortit de la voiture un petit frisson la parcouru, il y avait une différence entre la température de la voiture et celle du dehors, l'automne s'était déjà bien installé sur Seattle. Halloween approchait à grand pas. La demoiselle souffla dans ses mains, regrettant de ne pas avoir de café. Elle était une grande frileuse. Elle se dépêcha d'entrer dans la bâtisse et de prendre l'ascenseur jusqu'au quatrième étage, elle était un peu plus calme que dans son appartement. Elle ne pensait déjà presque plus à ce qui l'avait mise si en colère, son esprit était tourné vers ce dossier qui lui donnait du fil à retordre. Elle avait l'impression de ne pas avancer dans cette enquêtes, que les pistes qu'elle trouvait ne menaient à rien. Elle bloquait tout simplement et elle n'aimait pas ça du tout. L'ascenseur la ramena à la réalité lorsque la petite sonnette lui annonça qu'elle était arrivée à son étage. Elle fut étonnée de voir que de la lumière émanait d'une pièce. Et plus elle avançait, plus sa main se rapprochait de son arme. C'était de son bureau que venait la lumière. Elle fut surprise de constater que c'était son coéquipier qui était à l'intérieur, elle vérifia plusieurs fois l'écriteau indiquant que c'était son bureau et le bureau lui-même. Elle s'appuya finalement contre le chambranle de la porte, les bras croisés sur sa poitrine, le regard porté sur Jesonn qui venait de la remarquer.

« Que me vaut le plaisir de te voir au bureau à cette heure si tardive ? Si tu me dis que tu n’as rien d’autre à faire que potasser ses dossiers, je vais m’inquiéter… Je pensais être le seul irréductible encore présent ici. Mais j'aurais dû me douter que reviendrais pour le simple plaisir de me casser les pieds quand je serrais en rupture de stock de café. Ou sinon je te manquais et tu t'es décidée à venir me voir avec le prétexte bidon du besoin d'une tasse de café ? »

Un sourire naquit sur ses lèvres, il avait beau être un bel emmerdeur, elle le remerciait silencieusement d'être là en ce soir. Il était le plus à même pour la faire oublier sans qu'il ne s'en rende compte. Elle s'avança lentement, comme lorsqu'elle était en salle d'interrogatoire, de manière féline. Appuyant ses mains sur son bureau elle lui répondit.

« Non, je suis juste venu te rappeler ce que signifie le terme coéquipier. Tu sais celui qui nous lie tous les deux. Ça veut dire qu'on doit travailler ensemble et qu'il faut que tu arrêtes de martyriser tes pauvres neurones seul. Et ne me sors pas une connerie comme quoi tu peux y arriver sans aide, Broling, j'en ai rien à foutre de ton orgueil mal placé. Pour ce qui est de t'emmerder, disons que j'ai toujours su avoir le bon timing avec toi. »

Elle balaya le bureau des yeux, avant de centrer son regard sur lui.

« Aufaite, au cas où tu ne l'aurais pas remarquer, c'est mon bureau que tu squattes. Avais-je oublié de le fermer ? »

La provocation, c'était le fil conducteur de leur relation. Ça avait surtout commencé après l'attentat, deux ans auparavant. Lorsque tout deux avaient baissé leur garde. Avant ils étaient complices, s'envoyant des pics pour s'amuser, désormais c'était plus pour se protéger. Du moins c'était le cas pour Loraline, depuis... Ce qui était arrivé... Comme elle l'appelait, elle ne se permettait plus de se lâcher totalement avec son coéquipier. Le problème était qu'elle ne le voyait que comme un coureur de jupon, alors qu'elle était plus stable. Elle lui faisait confiance pour ce qui était des enquêtes, même s'il avait tendance à vouloir se jeter dans la gueule du loup seul. Loraline, détestait lorsqu'il faisait ça, elle n'était pas une petite fille chétive, elle n'avait pas besoin de protection. Elle était grande et forte, elle savait se démerder seule, c'est ce qu'elle avait toujours fait. Cependant, il avait beau l'énerver, elle devait reconnaître qu'il était un très bon agent. Elle aimait travailler avec lui, lorsqu'il était complètement sérieux. La jeune femme partit prendre une chaise et s'assit à côté de son coéquipier pour voir où il en était. Elle se débarrassa enfin de sa veste en cuir et regarda les avancement de Jesonn. Apparemment il avait reprit bon nombre de ses conclusions, elle souffla agacée. Elle se sentait vraiment à côté de la plaque concernant cette affaire, qu'est-ce qui pouvait bien clocher ? Elle était aussi concentrée que d'habitude, aussi investie aussi. La colère presque disparue revint comme un boomerang, Loraline serra les accoudoirs de la chaise, s'insultant mentalement de ne pas pouvoir régler une enquête qui ne semblait pourtant pas si compliquée que ça. La mâchoire serrée elle continua sa lecture. Elle avait besoin d'une clope, de nicotine pour apaiser ses nerfs à vif. Elle se sentait à fleur de peau, ce n'était pourtant pas son genre.

« Ça fait combien de temps que tu es là ? » demanda-t-elle irritée.
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MessageSujet: Re: Night Work : Cigarette & Coffee & Murder ▬ Privé Dim 31 Oct - 13:07


ON SE CASSE LA GUEULE À COUP SÛR QUAND ON APPREND À AIMER

Une rumeur s'était propagée dans les bureaux au sujet de Jesonn Broling alors qu'il venait de débarquer fraichement de Quantico après avoir démissionner du Département d'Analyse des Comportements Criminels. Un profiler qui passait quatre ans de sa vie à travailler pour devenir agent et qui soudainement plaquait tout à la première difficulté, cela avait de quoi intrigué. Son caractère avait fait le reste. La curiosité avait piqué certain de ses collègues et très vite on avait cherché à percer le mystère Jesonn Broling. Qu'est ce qui l'avait poussé à démissionner ? Pourquoi était-il si renfermé et acide avec ses collèges et si proche des victimes ? Il était doué, il avait résolu plusieurs affaires à lui seul durant sa période d'essaie. Et l'effet qu'il avait sur les femmes avait fait le reste. On le jalousait. Et que faisait les jaloux pour évincer un rival ? Ils enquêtaient. C'était à cette époque que les plus folles rumeurs avaient courus sur lui à l'intérieur de l'immeuble sur son compte. Ceux qui avaient fouillés à son sujet avaient déterrés leurs premiers lièvres et très vite ils avaient amplifiés des faits minimes de sa carrière. On avait un temps pensé qu’il appartenait aux « bœufs-carottes », à la police des polices. Une taupe chargée d’enquêté sur les différentes brigades de l’immeuble. Et puis, parce qu’il avait fait partit d’un gang alors qu’il était jeune, on supposait qu’il était un ripou. Certains pensaient qu’il était un psychiatre envoyé pour évaluer leur état mental. Mais la plus folle rumeur qui eut courut à son sujet était celle qui l’avait le plus secoué lorsqu’elle lui était revenue aux oreilles. Sa facilité à se plonger dans l’esprit des criminels qu’il traquait, sa capacité à devenir le tueur, avait laissé supposer à ses collègues que s’ils comprenaient si bien ces meurtriers c’était parce qu’il en était un lui-même. En fouillant dans son dossier certains avaient découverts qu’il avait été marié. Trois ans auparavant, et que sa femme était décédée dans de mystérieuses circonstances deux mois avant qu’il ne soit muté après sa démission à Seattle. Certains pensaient que sa femme avait été sa première victime, et qu’à force de se plonger dans l’esprit des meurtriers cela avait réveillé ses instincts de tueur. Longtemps, il s’était demandé pourquoi Loraline avait acceptée d’être sa partenaire, sa coéquipière. Il était certes le meilleur de l’unité. Et ensemble ils formaient un incroyable tandem d’enquêteurs, ils suffisaient de les voir dans une salle d’interrogatoire, ils savaient d’instincts comment se comporter, comment interroger un suspect, comment le déstabiliser, chacun avait son rôle sans qu’ils eussent décidé d’un plan d’attaque avant d’entrer dans la salle. Il y avait une compréhension instinctive entre eux. Il avait longtemps refusé de prendre un binôme, et les candidats au poste de coéquipier de Jesonn Broling ce brun mystérieux aux airs félins ne s’étaient bas bousculés aux portillons. Pourtant, lorsqu’elle était venue se présenter à lui, il n’avait pas opposé de résistance. Elle avait fait abstractions des rumeurs. Et il l’avait adopté parce qu’elle n’était pas une « proie », elle était forte, solide, têtue, passionnée, tout comme lui. Cela avait suffit. Et puis on ne pouvait pas faire plus proche que Loraline de son caractère, tête de mule, incisive, provocatrice, elle avait été la première à l’apprivoiser, et à lui faire apprécier le travail en équipe. Elle ne l’avait jamais interrogé sur son passé, comme si elle ne voulait pas savoir. Pourtant, ils avaient passés de nombreuses soirées ensemble, dans ce bureau lorsqu’ils enquêtaient, ou dans un « diner » a quatre heures du matin pour prendre un petit déjeuner après avoir passé la nuit a bouclé un dossier, à interroger un suspect. Amis. On pouvait parler d’eux en ces termes. Ils s’appréciaient, chacun savant très exactement ce que valait l’autre. Un profond respect les liait. Ils s’estimaient et s’admiraient même si aucun d’eux ne l’aurait admit par fierté et aussi à cause de ce qui s’était passé un peu plus tôt entre eux. Car depuis plusieurs mois leur relation c’était fait plus incisive qu’amicale. Jesonn savait qu’il avait merdé. Il l’avait embrassé, un soir d’hiver. Cela avait été plus fort que lui, elle se trouvait si près de lui, si douce, si belle, si vulnérable. Le froid glaciale qui s’était abattu sur Seattle avait rendu humide ses yeux claires alors qu’il la raccompagnait chez elle. La neige avait paralysé la ville, les gens semblaient perplexes face à cette tempête blanche qui s’était abattu sur la ville. Ils avaient passés la soirée à une fête d’Adieu du chef de leur unité au bureau. Elle portait une robe noire qui enserrait sa poitrine menue et dévoilait la fine ossature de ses épaules, ses cheveux remontés et tressées apportaient une touche enfantine à son visage juvénile. Elle était belle, presque irréelle, évoluant avec grâce entre les invités, ayant un mot pour chacun. Elle était … Elle sans être elle. Ils n’avaient pas flirtés pour une fois, mais il avait proposé de la raccompagner, il avait perçu quelque chose chez elle, comme une invitation. Il savait que c’était une mauvaise idée. Il le savait et pourtant … Il était partit avec elle. Elle avait ôté sa robe dans leur bureau afin de passer un jean, un pull appartenant à Jesonn qui était bien trop grand pour elle, son anorak et son épaisse écharpe « tricoté main » comme se plaisait à se moquer son équipier, blaguant sur l’absence d’homme dans sa vie la forçant a tricoté les longues soirées d’hiver. Elle avait chaussée une paire d’après ski et ils étaient partis. Sur le chemin ils se seraient l’un contre l’autre pour lutter contre le froid. Ils avaient tout les deux but un peu trop. Et ils riaient de tout et de rien, vivant et pour une fois loin de la pesante chape de douleur qui planait au dessus de leur travail. Ils avaient tout d’un couple d’amoureux rentrant chez eux après une fête arrosée. Ils n’étaient que des coéquipiers s’entraidant… A qui voulaient-ils faire croire cela ? Elle l’avait invité à rentrer le temps de se réchauffer un peu avant de rentrer chez lui. Une invitation innocente ? Ils ne le pensaient pas … Et il avait merdé. Ils avaient ôtés leurs vestes et la voir, les cheveux encore parsemés de neige, minuscule dans ce pull de Harvard trop grand pour elle … Il s’était rapproché d’elle. Elle n’avait pas bronché, lorsqu’il avait essuyé les larmes « de neige » fondue roulant de ses cheveux à ses joues, pas même lorsque sa bouche s’était rapprochée de la sienne, son souffle se mêlant au sien. Pas même lorsqu’il l’avait embrassé. Elle s’était laissé faire, partageant ce baiser avec lui. Son cœur s’était emballé, et il s’était revu six ans plus tôt… Et il avait paniqué. Ses mains s’étaient infiltrées sous ce pull, avec la volonté de tout gâcher. Cela n’avait pas manqué, elle l’avait repoussé. Elle ne voulait pas être une « femme » de plus dans sa collection. Et il s’était fait mettre dehors. Comme il l’avait désiré inconsciemment. Il ne savait pas gérer les attaches émotionnelles. La dernière fois cela s’était dramatiquement finit. Il n’était pas fait pour être aimé. Pour aimer. Sa vie avait été brisée alors qu’il n’avait que quatorze ans. Il ne savait pas aimer. Mais, bien sur il n’était pas amoureux de Loraline, c’était ce qu’il se répétait depuis trois ans. Et il espérait qu’à force de répété ce mantra elle y croirait, qu’il y croirait, que le reste du monde y croirait. Depuis ce baiser, leur unique baiser, il avait instauré une distance entre eux, prétextant vouloir lui faire payer ce refus de lui céder en n’étant que plus vache avec elle. Il était un tel salopard avec les femmes qu’il enchainait comme certains buvaient du café que tout le monde y avait cru, Loraline en tête puisqu’elle était la seule a avoir les clés de se revirement. Ils s’étaient fait acerbe l’un avec l’autre, même si leur relation avait toujours été basée sur la taquinerie, cette fois ci cela n’avait rien à voir, ils étaient devenus presque méchant l’un avec l’autre. La jeune femme rendant pique pour pique. Pourtant, ils restaient le meilleur binôme de l’unité. Parce que le travail passait avant tout. Mais, il avait de plus en plus de mal a travaillé avec elle, parce qu’il savait que tout ceci ne suffisait pas à son bonheur tout en refusant de le comprendre. Le malaise entre eux, cette rivalité commençait à lui peser… Comme lorsqu’il avait quitté Quantico et que … Il chassa cette idée de son esprit et tendit la main jusqu’à son gobelet. Au moins cette nuit il serait capable de travailler sur ce dossier qui l’obsédait sans se sentir obligé de s’interrompre pour balancer une ou deux vacheries à Loraline qui lui tapait sur le système a tourner ainsi autour de lui lorsqu’il tentait d’établir un profil psychologique. Sauf que sa tranquillité avait été d’un cours répit.

« Je te signale qu’avant c’était aussi mon bureau … Et que j’en ai encore les clés. » Répondit-il en jetant son gobelet dans la poubelle tout en agitant un trousseau de clé sortit de sa poche dans le même temps. Elle s’installa près de lui, son parfum doux et fruité se déploya doucement autour de lui tandis qu’elle se penchait, l’effleurant légèrement pour lire ce qu’il était en train d’écrire avant son arrivée. Son soupire agacée le fit sourire. Et son interrogation aussi irritée que son soupire lui fit reprendre contact avec la réalité, la meilleure manière de la maintenir éloignée était de l’agacée, de la rabrouer, l’attaque en sommes.

« Plus longtemps que toi de toute évidence… J’ai eu le temps de corriger ta copie et d’avancer la mienne. » Annonça t-il en se levant, emportant son carnet de note avec lui pour étoffer le profil psychologique qu’il avait commencé à établir à partir de la victimologie, de la scène de crime. Il avait réussit à isoler la signature du tueur et a débusqué deux cas dans les fichiers du FBI qui aurait pu correspondre et être les premiers actes non aboutit du tueur. Sauf que ces deux victimes n’avaient pas été tuées. Il était monté en puissance, le viol et la séquestration ne suffisait plus. Quelque chose avait du déclencher cette frénésie de tuer. Il ajouta des mots sur la partie du tableau lui étant réservée. « Déclencheur ? » « Homme blanc entre 20 et 25 ans » « vit seul, travail de jour » « asocial, peut être auto entrepreneur » « cherche a reproduire un schéma ». Au marqueur rouge il ajouta « interroger deux précédente victimes »

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MessageSujet: Re: Night Work : Cigarette & Coffee & Murder ▬ Privé Mar 2 Nov - 23:57


Inside an office a fallen angel, a smiling Buddha with snake eyes.
And I just can't pretend, don't call me your friend.

Il arrivait souvent à Loraline de se demander vraiment pourquoi elle était flic. Ce n'était pas le côté meurtre, elle se disait que c'était pour rendre la justice. Mais au fond elle savait que c'était à cause d'une personne en particulier. Elle voulait rendre justice pour quelque chose qui était désormais loin derrière elle. Elle n'était pourtant pas tellement le genre de personne à vivre dans le passé, il y avait juste cette personne qui l'y renvoyait chaque jours un peu plus. Développant sa haine. Alors elle se plongeait dans le travail, parce qu'elle n'avait pas de vie sociale. Ses amis se comptaient sur les doigts d'une seule main. Loraline était très jeune pour le travail qu'elle pratiquait, tous ses amis étaient plus vieux et beaucoup des agents du bâtiment pensaient qu'elle avait été pistonné. Même au FBI, ouais. En avait-elle réellement quelque chose à faire de ce qui se disait sur son compte ? Bien sûr que non. La jeune femme savait ce qu'elle valait, elle était sûre d'elle, les rumeurs sur elle ou sur les autres lui importait peu. Elle aimait se faire sa propre opinion, son propre jugement. Et même s'il s'avérait que les rumeurs soient vrais, elle n'était pas du genre à les nourrir davantage. D'une certaine manière on pouvait dire qu'elle vivait dans son monde, car c'est exactement ce qui se dit lorsque l'on ne fait pas parti de ceux qui se mêlent de la vie des autres. Il en était de même lorsqu'elle avait voulu faire équipe avec Broling. Elle n'avait pas fait attention aux rumeurs, sauf peut-être à celles qui disaient qu'il était l'un des meilleurs agent de l'étage, peut-être du bâtiment. Et elle savait ce qu'elle avait voulu, être partenaire avec le meilleur parce qu'elle en était aussi. Pour la jeune femme il était tout à fait impossible de s'allier avec une personne médiocre. Qualité et sérieux étaient ses mots d'ordre concernant le travail. Cela ne faisait que trois ans qu'elle était agent, Loraline avait été acceptée par Jesonn lors de sa première année. Elle s'était sentie fière, parce qu'il n'avait pas pris en compte le fait qu'elle « débutait ». Ca lui faisait tout de même bizarre de se dire qu'elle avait évoluer dans son travail principalement grâce à son coéquipier. Trois ans qu'ils étaient partenaires, trois ans qu'elle travaillait au sein du FBI. Et des tas de changements. Ils avaient commencé par être amis, peut-être était-ce le fait qu'il était bon agent qui avait permis cette amitié. Loraline n'a jamais vraiment donné sa confiance à qui que ce soit, pourtant lui l'avait, c'était sûrement la relation qu'il y avait entre deux agents faisant équipe. Après tout, il vaut mieux avoir confiance en l'autre lorsque le danger s'annonce. Seulement était-ce juste sur le plan du travail ? Il n'y avait plus vraiment d'amitié entre eux depuis leur petit débordement. Pourtant la jolie brune aimait toujours autant, d'une certaine manière, la présence de Jesonn. Il lui arrivait de penser que c'était elle qui avait gâché cette amitié, puis la fierté prenait le dessus et alors elle se disait qu'elle n'avait pas pu faire une telle chose, que cela venait de son partenaire. C'était lui qui l'avait embrassé, lui qui comptait faire d'elle une conquête de plus. Seulement Loraline n'était la femme que d'une seule nuit. Elle se sentait trop importante pour être prise et jeter, elle valait bien mieux que ça. Elle seule pouvait prendre et jeter ensuite. Cependant elle ne le faisait pas souvent avec les hommes, elle n'était pas ce genre de femme. Leur amitié s'était transformé en une sorte de petite guerre depuis, elle n'aimait pas cette situation mais sa foutue fierté l'empêchait d'y mettre fin. Elle ne voulait pas être celle qui s'avouerait vaincue.

« Je te signale qu’avant c’était aussi mon bureau … Et que j’en ai encore les clés. »

Elle regarda Jesonn de façon sévère. On lui avait réaménagé un bureau en face du sien il y avait environs un mois de cela parce que monsieur se plaignait de devoir partager son bureau avec la jeune femme. Et surtout parce qu'un bureau se libérait.

« Eh bien tu devrais sérieusement penser à me les rendre maintenant. Si tu avais vraiment envie de me voir, il fallait m'appeler et m'inviter quelque part. »

Elle reprit sa lecture, s'arrêtant sur les fautes d'inattention de Broling. Ca l'aurait sûrement amusé si elle n'était tant irritée. Elle le lui disait souvent, qu'il écrivait trop vite sans faire attention. Voilà pourquoi elle préférait faire elle-même le rapport. La jolie brune avait même reçu un prix en orthographe lorsqu'elle avait dix-sept ans. Peut-être était-ce pour cela qu'elle avait tendance à corriger tout le monde. Plus elle lisait ce qu'avait écrit son partenaire, plus elle était d'accord avec lui. Elle aurait aimé le corriger sur au moins quelques trucs, seulement elle ne pouvait que lui donner raison. Il y avait le profil psychologique du tueur et à côté ses manières de faire, c'était cohérent. Un autre point qu'aimait Loraline chez son coéquipier, c'était sa facilité à se mettre dans la tête du meurtrier. Chose qu'elle ne savait pas faire.

« Plus longtemps que toi de toute évidence… J’ai eu le temps de corriger ta copie et d’avancer la mienne. »

Loraline lui présenta gentiment son majeur avant de balancer les copies sur le bureau. Elle détestait quand il faisait ça, quand il an rajoutait une couche pour la mettre vraiment en colère. Était-ce un jeu pour lui ? Elle regarda Jesonn écrire sur le tableau.

« Il y a sûrement quelque chose qui vient de son passé, il veut peut-être à améliorer un schéma déjà produit ? » supposa-t-elle

Elle fixa le tableau durant un moment, cherchant des réponses. Son esprit fusait, pourtant tout ce qu'elle trouvait s'annulait au fur et à mesure. Elle avait l'impression d'être une petite débutante. Même à ses débuts les affaires lui semblaient plus facile que celle-ci. Son esprit qui cherchait à avancer l'enquête fut déconcentré par son manque de réponse. Elle se posa alors des questions sur elle-même et pour la première fois depuis longtemps elle douta de ses compétences.

« J'ai besoin d'une clope » dit-elle enfin.
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MessageSujet: Re: Night Work : Cigarette & Coffee & Murder ▬ Privé Dim 7 Nov - 15:53

Le problème de Jesonn venait surement du fait qu'il était un homme mystérieux, plein de secrets, il était si peu ouvert au monde qu'on le qualifiait bien volontiers de l'adjectif mystérieux. Et peut être, après réflexion, qu'il était bel et bien mystérieux. Les gens ne connaissaient généralement rien de son passé, sauf ce qu'ils entendaient dire dans les couloirs ou autour de la machine à café. Personne ne connaissait réellement Jesonn Broling et c’était ce qui motivait le plus ces ragots qui circulaient à son sujet. Personne n’aimait que quelqu’un conserve des secrets dans une ère où tout ce savait sur tout le monde via cyber espionnage par des plateformes telles que Facebook, Twitter ou Messenger. Jesonn gardait jalousement ses pensées, sauf celles qu’il destinait à Loraline et qui bien souvent étaient loin d’être agréable surtout depuis « l’incident ». La rumeur qui l’avait le plus touché était celle qui concernait sa femme, sa femme, ce mot avait encore une étrange saveur lorsqu’il le goûtait de la pointe de sa langue. Ce fantôme venu de son ancienne vie qui le hantait encore. Il avait accepté de la quitter, il avait voulu la quitter dès lorsqu’il avait faillit la perdre et il avait perdu un bout de lui-même dans l’opération. Et après les premiers attentats il n’avait plus été le même, la peur avait reprit le joug de son esprit et il avait réalisé qu’il n’était pas capable d’aimer comme il le fallait. Il avait fuit, fuit la puissance de cet amour qu’il ressentait pour elle. Cette peur viscérale de ne pas lui survivre si elle s’éteignait. Il avait coupé tout lien avec cette vie, et il savait que cette part d’ombre, ce silence qu’il gardait obstinément lorsqu’on lui parlait de sa vie à Quantico. Il ne répondait aux questions que s’il jugeait qu’elles n’étaient pas trop douloureuses, qu’elles ne lui rappelaient pas à quel point il était brisé, éteints de l’intérieur. Les rumeurs, voilà ce qui suivait Jesonn dans chacune de ses nouvelles villes. Il ne voulait et ne pouvait faire équipe avec qui que se soit depuis qu’il avait quitté le département d’analyse du comportement, il était incapable de supporter une nouvelle proximité qui demanderait de lui plus qu’une simple courtoisie professionnelle. Jusqu'à ce que Loraline apparaissent dans son champ de vision. Il n’aurait pas trop su dire ce qui avait motivé son choix d’accepter de former cette « bleue », ce qui lui avait prit d’accepter d’être le « coéquipier » d’une jeune femme, une nouvelle fois. Une jeune femme aussi têtue, aux idées aussi arrêtées qu’Austin à l’époque où ils avaient fait équipe, à l’époque où l’alliance qui pendait à présent autour de son cou ornait encore son annulaire. Il avait tenté de ne pas s’attacher, d’être professionnel mais, il était plus âgé qu’elle, et comme toute recrue fraichement sortit de Quantico et de son centre de formation, elle faisait des erreurs qui la rendait attendrissante, elle avait besoin d’être rassurée même si elle ne le montrait pas. Et puis, elle était douée, naturellement douée, avec les victimes, sur les enquêtes et l’alchimie entre eux avait été immédiate, collaborer avec elle n’avait pas été difficile, et c’était ce qui avait causé le perte de Jesonn. Ils avaient commencés par devenir amis, plus que des partenaires, lui qui ne sortaient que lorsqu’il avait besoin d’assouvir ses besoins d’homme célibataire de moins de trente ans, c’était mit à l’accompagner lorsqu’elle souhaitait fêter la résolution d’une enquête devant une pâtisserie et un café dans le Diner au bas de la rue. Il s’était mit à la raccompagner chez elle lorsque son antique voiture était tombée en panne, il lui avait servit de partenaire de boxe lorsqu’elle avait été prise à partie lors d’une intervention et qu’elle ne s’était pas sentie assez « prête », il avait encaissé et donné des coups jusqu'à demander grâce. Il avait été à la fois un partenaire, un ami, un coach, plus qu’un simple collègue. Des rumeurs avaient couru lorsqu’un collège les avait trouvé au sol, elle sur lui, le bloquant, à trois centimètres l’un de l’autre, haletant et goguenard. Des rumeurs, encore des rumeurs. Toujours des rumeurs. Des rumeurs qui ne semblaient pas ébranler Jesonn Broling, jusqu’à ce fameux soir où les rumeurs avaient formés un assemblage complexe dans son esprit, jusqu’à lui faire réaliser que ce qui se passait entre Loraline et lui dépassait la simple courtoisie professionnelle, ils étaient trop proches… Et il avait finit par se rendre compte du danger. Trop tard. Lorsque leurs lèvres s’étaient cherchées et trouvées, lorsqu’il avait sentit la main de la jeune femme se perdre dans ses cheveux cours et ébouriffés, lorsque leurs nez glacés s’étaient heurtés et que leurs souffles s’étaient fait court. Pour la première fois depuis que Jesonn avait fait la connaissance de Loraline il s’était interrogé sur la possibilité d’entretenir une relation qui ne le blesserait pas, ou qui ne provoquerait pas la destruction de l’autre. Il avait songé à eux, à cette relation qu’ils auraient pu avoir. Il s’était demandé s’il serait prêt à prendre ce risque. Le risque de l’aimer, de la faire entrer chez lui… De lui parler d’Austin. De ce qu’il avait fait, des interrogatoires, du procès… Et de cet enfant qu’ils avaient espéré avoir avant les attentats du 11 Septembre. Et il avait réalisé qu’il ne serait jamais prêt. Jamais. La simple idée de lui ouvrir les portes de son appartement, de la laisser faire la connaissance de Callum, ce chien qui était le seul souvenir de son mariage et qui vivait chez lui plus souvent que Jesonn lui-même. Ces simples pensées le mettait mal à l’aise, alors il avait suffit qu’il glisse ses mains sous ce pull, il avait suffit que le contact de ses paumes glacées électrisent la peau sensible du ventre de Loraline, et il n’avait plus eut à se poser des questions sur l’avenir. Il se rappelait de cette soirée. Lorsqu’il s’était retrouvé dehors, en pleine tempête de neige, un peu ivre. Il se rappelait qu’il était rentré chez lui à pied pour y trouver ce bon vieux golden retriever allongé devant l’âtre éteint de la cheminée, ce chien qu’il aimait temps et qui était venu fêter son retour. Il s’était accroupit sur le plancher pour être à la hauteur de Callum, et la chaleur de son vieux compagnon de route avait fait naitre en lui une tristesse profonde. Il avait ressentit pour la première fois la morsure de son passé, la douloureuse cicatrice infectée qui rongeait son cœur, son âme, les mains enfouit dans l’épaisse fourrure qui ornait le cou de son compagnon, Jesonn s’était laissé allé à la mélancolie et des larmes d’une tristesse infinies étaient venues roulées sur ses joues mal rasée pour se perdre dans les poils du Golden. Il essayait à présent de se tenir éloignée de Loraline. Pour son bien et pour celui de sa coéquipière, étrangement pourtant il n’éprouvait aucun soulagement à lui balancer piques après piques, a lui refuser la moindre petite victoire, a chercher toujours plus à la pousser à demander une nouvelle affectation. Cela avait commencé réellement avec cette histoire de bureau. A son arrivée au Bureau, Loraline avait élu domicile fixe dans le « placard à balai » que Jesonn avait gagné par son expérience. Sollicité parfois par des collègues des autres étages, il avait besoin de silence et d’espace pour plancher sur des dossiers, établir des profils psychologiques. Elle avait envahit cet espace avec l’entêtante odeur de son parfum, son haleine où flottait encore des relents de nicotine et ses vêtements rechanges dans le placard. Une présence qu’il avait longtemps désiré, être l’un sur l’autre stimulait leurs intellects et ils n’en étaient que plus efficaces… Jusqu’à ce qu’il ne puisse plus supporter ce parfum, cette présence qui faisait accélérer les battements de son cœur et que le torchon brûle entre eux… Il avait alors tempêté auprès du chef de l’unité jusqu’à ce qu’un bureau se libère et qu’il puisse s’y installer. Malheureusement Loraline avait la fâcheuse manie de lui piquer les rapports qu’il laissait sur ce nouveau bureau dont la porte n’avait pas encore de verrou…

L’affaire le hantait, il s’impliquait trop, il le savait. On n’avait eut de cesse de le lui dire lorsqu’il était encore en poste à Quantico, il était trop empathique, trop proche des victimes, vivant les crimes de l’intérieur, compatissant, se rendant aux enterrements, il était une éponge, une éponge qui s’immergeait dans le dossier jusqu’à sa résolution et qui ne pouvait s’arrêter avant d’avoir obtenu des réponses. Il avait besoin de résoudre ce crime, il avait l’impression que le tueur allait recommencer, et même s’il savait que le dossier était encore trop mince pour arriver à quoi que se soit, même s’il savait qu’une victime de plus serait nécessaire, il luttait contre cette certitude, il voulait déjouer les statistiques. Commencer le profil maintenant était peut être prématuré mais il ne pouvait pas dormir sans au moins tenter de faire le tri dans les idées qui fleurissaient dans son esprit. Il avait parcourut tout le dossier, il avait cherché, décortiquer, analyser, chercher a comprendre pourquoi le tueur avait procéder dans cet ordre, chercher à cerner sa signature. Interroger des bases de données. Il avait tant et tant ressassé l’affaire qu’il avait finit par revenir ici pour travailler au calme. Il s’était toujours refuser à ramener ses dossiers dans son appartement, son logement était sa bulle, là où l’âme du mal ne pénétrait pas, où le travail n’avait aucune emprise. Lui tournant le dos il continuait de noircir le tableau blanc de son écriture fine et penchée, il écrivait comme au siècle dernier, des lettres formées de manières aériennes, un charme désuet qui se reflétait dans ses yeux bleus. Il sentait les vagues de doutes qui émanaient de la jeune femme, luttant pour s’empêcher de la rassurer, luttant contre sa nature.

« Tu es dans ton bureau je te rappel ». Se contenta t-il de répondre lorsqu’elle annonça son besoin urgent de nicotine. Il ne fumait jamais dans le bureau, il fumait d’ailleurs rarement sauf lorsqu’il était la victime de sa propre nervosité. Il se concentrait sur le tableau blanc, cherchant a relier des faits qui auraient pu lui échapper. Il était le plus expérimenté, et il voyait que quelque chose la chiffonnait sur ce dossier, elle n’y arrivait pas. Soudainement il se retourna. « Tu comptes m’expliquer ce qui te gêne ou tu vas rester là à me regarder bosser en tirant sur ta putain de cigarette. » Il n’avait pas pu s’en empêcher, il se sentait le devoir de l’aiguiller, d’aiguiser sa réflexion pour la conduire à trouver une solution. C’était plus fort que lui, il restait son coéquipier mais rien ne le forçait à faire cela avec douceur, un ton agressif, une remarque sarcastique. Voila qui était parfait. Il quitta la pièce le temps d’aller dans son bureau. Il y gardait toujours du café instantané, le pire breuvage pour un agent du FBI mais au moins il aurait de quoi recharger ses batteries. Il récupéra sur son bureau une tasse qui servait de pot de crayon, y versa le sachet et rajouta de l’eau chaude qui dormait dans une bouilloire électrique dans la kitchenette de l’étage. C’est une Loraline fulminante qu’il retrouva dans son bureau. « Toujours en train de ruminer, c’est pas comme ça que tu vas nous aider. Secoue-toi, ou rentre chez toi. Je n’ai plus rien à t’apprendre, si tu n’es pas capable de raisonner sur ce cas, ne reste pas là. » Lâcha t-il en posant sa tasse sur ce bureau qui était encore le sien un mois plus tôt. Parfois, il se dégoûtait lui-même.




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MessageSujet: Re: Night Work : Cigarette & Coffee & Murder ▬ Privé Mar 9 Nov - 20:18


Cold hard bitch, just a kiss on the lips.
And I was on my knees, I'm waiting, give me.

En réalité Loraline n'avait que très peu d'amis. D'une part parce qu'elle ne s'ouvrait pas facilement aux autres, d'autres part parce qu'ils la trouvaient bien trop irritante pour leur propre bien. Elle était ce genre de fille qui pouvait prendre la tête à quelqu'un juste pour avoir ce qu'elle voulait. Elle se foutait complètement d'être une personne « solitaire », ce qu'elle détestait en revanche était de s'ouvrir à une personne qui ne ferait que se moquer par la suite. Cela ne lui était jamais arrivée avant Jesonn, elle était tellement minutieuse pour ce genre de chose qu'elle allait jusqu'à analyser la gestuelle de son entourage. Elle pouvait dire qu'elle s'était lamentablement trompé avec son coéquipier. Il était du genre discret, bosseur, tout en sachant blaguer. Elle pensait qu'il ferait un bon ami, peut-être avait-elle été aveuglé par le fait qu'il était été un genre de mentor durant quelques mois, qu'il serait son partenaire. Après tout, n'était-il pas là pour la soutenir au tout début ? Aujourd'hui elle se disait que c'était simplement pour mieux l'enfoncer. Il s'était montré tout gentil pour la cacher sous ses draps et la traiter comme une ennemie après ça. Lorsque Jesonn avait franchit la limite, elle avait voulu lui trouver une bonne excuse. Mais le fait était là, il était capable des pires bassesses pour satisfaire ses plaisirs, notamment devenir ami avec la personne en question. Après l'avoir jeté ce soir là, elle s'était juste blottie dans son lit, devant un film d'action, se disant simplement qu'elle avait bien fait : elle n'était pas une traînée. Le lendemain en allant au travail, elle était prête à faire comme si rien ne s'était passé, si disant que ce n'était qu'un moment d'égarement entre deux bons amis. Elle ne s'attendait pas à se faire rejeter pour avoir une dignité. Alors à son tour elle s'était braquée, blessée par l'attitude de son partenaire, car dès lors il n'était plus son ami. Loraline n'était pas le genre de personne à avoir honte d'avouer ses fautes, au contraire. Pourtant cette fois là, c'était comme si elle n'avait pas su voir en lui. Elle s'était sentie manipuler et c'était tout à fait différent. Elle avait voulu lui casser la figure, en savoir plus sur son coéquipier pour lui balancer ce qui le faisait souffrir. La jeune femme avait nourri une haine envers celui qu'elle avait pris presque comme modèle à une époque. Et même lorsqu'elle ne faisait rien pour pimenter davantage leur mésentente, c'était lui qui en rajoutait une couche. Comme s'il aimait ça, rabaisser autrui. Alors qu'elle faisait en sorte de lui parler le moins possible, il s'amusait à lui envoyer des piques sans arrêt. La seule chose qui la rendait plus ou moins « heureuse » dans toute cette histoire était qu'elle ne s'était jamais complètement ouverte à lui. Tout comme lui laissait planer le mystère autour de son passé, elle en avait fait de même. La jolie brune devinait facilement que son partenaire n'avait pas vécu dans une bulle de bonheur depuis la naissance, elle ne connaissait pas son passé tout comme elle ne connaissait pas celui du concierge en bas de l'immeuble, mais elle avait un brun de professionnalisme qui l'aidait à deviner les grandes lignes. Puis finalement Jesonn avait changé de bureau, coupant davantage les ponts. Elle savait qu'il la poussait à changer de coéquipier. Seulement elle ne voulait pas se laisser faire, et elle ne voulait pas laisser une autre prendre sa place et se faire avoir comme elle. Du moins, c'est ce qu'elle se disait. Au fond, elle n'avait juste pas envie de laisser sa place à une autre fille. Était-elle jalouse d'une possibilité de meilleure entente entre les deux prochains coéquipier ? Elle se persuadait que non, elle se savait jalouse et possessive pour beaucoup de chose. Cependant elle n'était pas – du moins plus – assez proche de Jesonn pour qu'il en soit ainsi. Elle se disait qu'il n'était plus rien, juste un agent avec qui elle devait travailler, un bon agent, c'était tout. Etait-ce totalement vrai ? Elle ne dirait jamais rien là-dessus, sauf un non catégorique.

La jeune femme se sentait bouillonner, elle aurait juste voulu tout jeter par terre. Elle voulait voir un bordel extérieur aussi dérangé que celui de son esprit. Il y avait tous ces éléments dans sa tête, elle savait qu'il ne manquait qu'un truc pour qu'elle puisse tout assembler. Elle avait comme l'impression qu'il n'y avaient aucun anticorps adaptés contre ce virus, aucune clés pour cette serrure. À ce moment là elle aurait tout donner pour retourner sur le terrain, le réanalyser et peut-être enfin voir ce qu'elle avait manqué. De nouveaux éléments s'inscrivaient dans sa mémoire, dû aux nouveautés de Jesonn. Elle ne se sentait que plus troublée, il y avait un flou au-dessus de tout ça. Comme quelqu'un qui aurait soufflé dans de l'eau de chaux, c'était brumeux. Oubliant son envie de nicotine durant quelques secondes elle se concentra à nouveau sur tous ce qui se passait autour de cette enquête. Elle avait besoin de ce déclic si particulier qui lui permettait de tout faire avancer, malheureusement la lumière ne voulait pas s'allumer au-dessus de sa tête, la petite ampoule était grillée. Elle fronça ses sourcils, mâchait sa lèvre inférieure. C'était un tic qu'elle avait depuis l'enfance, lorsqu'elle était nerveuse. Son esprit divagua, elle s'imaginait regarder une série télé sur des enquêtes criminelles, elle voyait très bien « l'agent » revoir dans son esprit toute la scène corrigeant au fur et à mesure que de nouveaux indices apparaissaient. Et leur dossier se finissait avec tellement de faciliter. La télé n'était qu'une pauvre image de la réalité parfois. Cette affaire la rendait folle.

« Tu es dans ton bureau je te rappel ». Elle lui indiqua du menton les détecteurs de fumée. Ils en avaient installés partout depuis l'attentat, pas seulement dans les couloirs. Repenser à cette période lui fit mal au coeur. Comme ce jour là, elle se sentait inutile en ce soir.

« Je ne peux même plus fumer ici vois-tu. » dit-elle d'un ton las. Jesonn se retourna pour regarder le tableau, cherchant comme elle à tout juxtaposer. Il en était sûrement plus capable qu'elle à ce moment là, et ça la mettait vraiment dans une colère noire. Il la traiterait de mauvaise coéquipière après ça, lui crachant au visage qu'il serait mieux avec quelqu'un de plus performant. Elle ne voulait pas lui laisser la possibilité de penser ça. « Tu comptes m’expliquer ce qui te gêne ou tu vas rester là à me regarder bosser en tirant sur ta putain de cigarette. ». Elle n'eut pas le temps de l'envoyer balader qu'il sortit du bureau pour aller se prendre une nouvelle tasses de café instantané. Elle ne lui répondit pas lorsqu'il revint, elle préférait encore l'ignorer. Elle ne voulait pas se disputer avec lui ce soir là. Encore que pour ça il aurait juste fallut qu'elle reste sagement chez elle. Mais elle n'avait pas pu, elle avait simplement voulu comprendre par elle-même ce qui se passait. Elle ne s'attendait pas à le voir, elle aurait préféré qu'il ne soit pas là. Déjà parce qu'il la déconcentrait lorsqu'il se mettait à lui lancer des piques, mais aussi parce que ces derniers temps sa présence semblait être quelque chose de différent pour la jeune femme. Elle fixa le tableau, les yeux dans le vague, elle était mal à l'aise de ne pouvoir apporter quelque chose en plus à cette affaire. Cela lui arrivait rarement pourtant, la jeune femme semblait dans son bain partout où elle allait, elle n'était pratiquement jamais gênée de quoi que ce soit. Et d'une certaine manière, imaginer se faire casser du sucre dans le dos par Jesonn l'effrayant quelque peu. Il la détestait assez pour faire ça, elle en était sûre.

« Toujours en train de ruminer, c’est pas comme ça que tu vas nous aider. Secoue-toi, ou rentre chez toi. Je n’ai plus rien à t’apprendre, si tu n’es pas capable de raisonner sur ce cas, ne reste pas là. »

Elle releva soudainement sa tête vers lui. Pour qui se prenait-il ? Il n'avait aucun ordre à lui donner. Elle se voyait frapper sa tête contre le bureau, lui casser le nez et faire l'innocente, comme si jamais elle n'avait été la responsable de ça. Parfois il lui donnait vraiment des envies de meurtre. Elle serra la mâchoire tellement fort qu'il aurait été possible de croire qu'elle en casserait ses dents. À vrai dire, elle se retenait de dire où faire une connerie. C'est dans ce genre de moments là qu'elle était capable de tout plaquer à cause de son côté impulsive. Pour une fois elle prit sur elle, et ne laissa pas ses pulsions prendre les reines. Loraline avait déjà chez elle de quoi la mettre en colère, désormais elle n'avait plus aucun endroit où être au calme.

« Bien... Quand tu me traiteras mieux que de la merde, j'accepterais tes excuses. Maintenant je vais faire un tour dehors. »

Elle sortit du bureau, mais revint pour prendre sa veste. Pris d'un accès de fureur elle balança toutes les feuilles du dossier au sol, faisant tomber par la même occasion la photo du duo. Les feuilles s'éparpillèrent au sol, en silence, alors que le verre du cadre se brisait. Elle se souvenait que cette photo avait été prise lorsqu'ils étaient un peu trop bourrés. Ils avaient fini une grosse affaire qui leur avait pris plusieurs mois, leur dossier était tellement en béton qu'une fois devant le juge cela avait aussi facile que d'aller chercher une baguette de pain chez le boulanger d'en face. Ils s'étaient réunis avec d'autres personnes, fêtant leur succès. Puis dans leur moment de joie s'était pris en photo plusieurs fois. Sur celle-ci ils devaient prendre la pause avec de monstrueuses grimaces, l'alcool ayant déjà absorber toute leur raison, ils s'étaient mis à rire juste avant le « clic » de l'appareil photo. Tout deux avaient décidé de mettre cette photo sur leur bureau – lorsqu'ils y étaient encore à deux – en bon souvenir de l'une de leur meilleure affaire. Le cadre, tout comme leur ancienne relation, venait de se briser pour de bon.

Loraline s'installa sur le banc en face de la grande bâtisse du FBI. Elle sortit son paquet de cigarette et s'en alluma une. Elle espérait faire redescendre la pression. Chaque jour il la poussait toujours un peu plus à bout, elle allait finir chèvre à cause de lui. Jusqu'où était-il capable d'aller ? C'était la grande question, pour le moment il la poussait à changer d'affectation, mais peut-être finirait-il lui-même par se séparer de la jeune femme. Elle ne savait pas vraiment si c'était une bonne ou une mauvaise idée, vu leur situation. Objectivement, ce serait beaucoup mieux pour tout les deux, mais subjectivement, Loraline n'avait pas envie de le laisser partir. C'était sûrement parce qu'il avait toujours été son coéquipier et qu'il était le meilleur, elle se disait qu'il serait difficile de se mettre avec un aussi bon agent. Ce n'était qu'une question de bon travail se répétait-elle.

« Va te faire foutre Jesonn Broling » souffla-t-elle pour elle-même.
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